Amour m’a fait un second Prométhée

Amour m’a fait un second Prométhée
Que le vautour va sans fin dévorant,
Un papillon qui va s’enamourant
De la clarté qui lui est présentée,

Un seul Phénix à la flamme apprêtée
Qui pour autrui tout soudain va mourant,
Icare aussi dont la chute éventé
Refroidit ceux qui haut vont aspirant,

Je suis encore un Tantal’ misérable,
Sisyph’ courbé sous le faix qui l’accable,
L’oiseau qui chante approchant son trépas,

Bref il m’a fait semblable à la tortue,
Car des beautés que j’adore ici-bas
Tant seulement j’en jouis par la vue.

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