Carite l’autre jour si pompeuse et si belle

Carite l’autre jour si pompeuse et si belle,
De la terre, et du Ciel montroit tous les tresors ;
Quand je me laissay vaincre aux amoureux transports,
Qui m’en firent pretendre une faveur nouvelle.

Mais j’en fus repoussé d’une main si cruelle,
Et d’un si rude coup je sentis les efforts,
Que mon ombre craintive erra parmy les morts,
Preste à passer le fleuve où le Sort les appelle.

J’eus le pied dans la barque, et pour m’en empescher,
Où va donc cét Amant ? dit le triste Nocher,
Quelle main violente au Cocyte le pousse !

Il porte un Astre au coeur, digne du firmament ;
Et sa flame est si grande, et sa plainte est si douce,
Que l’Enfer n’auroit plus d’ombre, ny de tourment.

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