Jeune homme

Oh ! me coucher tranquillement Pendant des heures infinies ! Et j’étais pourtant ton amant Lors des abandons que tu nies. Tu mens trop ! Toute femme ment. Jouer avec les ironies, Avec l’oubli froid, c’est charmant. Moi, je baise tes mains bénies. Je me tais. Je vais dans la … Continue reading

L’été

A Laure Bernard. C’est l’été. Le soleil darde Ses rayons intarissables Sur l’étranger qui s’attarde Au milieu des vastes sables. Comme une liqueur subtile Baignant l’horizon sans borne, L’air qui du sol chaud distille Fait trembloter le roc morne. Le bois des arbres éclate. Le tigre rayé, l’hyène, Tirant leur … Continue reading

L’heure verte

Comme bercée en un hamac La pensée oscille et tournoie, A cette heure où tout estomac Dans un flot d’absinthe se noie. Et l’absinthe pénètre l’air, Car cette heure est toute émeraude. L’appétit aiguise le flair De plus d’un nez rose qui rôde. Promenant le regard savant De ses grands … Continue reading

L’orgue

A André Gill Sous un roi d’Allemagne, ancien, Est mort Gottlieb le musicien. Un l’a cloué sous les planches. Hou ! hou ! hou ! Le vent souffle dans les branches. Il est mort pour avoir aimé La petite Rose-de-Mai. Les filles ne sont pas franches. Hou ! hou ! … Continue reading

La dame en pierre

A Catulle Mendès. Sur ce couvercle de tombeau Elle dort. L’obscur artiste Qui l’a sculptée a vu le beau Sans rien de triste. Joignant les mains, les yeux heureux Sous le voile des paupières, Elle a des rêves amoureux Dans ses prières. Sous les plis lourds du vêtement, La chair … Continue reading

La robe de laine

La robe de laine a des tons d’ivoire Encadrant le buste, et puis, les guipures Ornent le teint clair et les lignes pures, Le rire à qui tout sceptique doit croire. Oh! je ne veux pas fouiller dans l’histoire Pour trouver les criminelles obscures Ou les délicieuses créatures Comme vous, … Continue reading

La vie idéale

a May Une salle avec du feu, des bougies, Des soupers toujours servis, des guitares, Des fleurets, des fleurs, tous les tabacs rares, Où l’on causerait pourtant sans orgies. Au printemps lilas, roses et muguets, En été jasmins, oeillets et tilleuls Rempliraient la nuit du grand parc où, seuls Parfois, … Continue reading