L’amour fut de tout temps un bien rude Ananké. Si l’on ne veut pas être à la porte flanqué, Dès qu’on aime une belle, on s’observe, on se scrute ; On met le naturel de côté ; bête brute, On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; … Lire la suite
Archives de la catégorie: HUGO Victor
Booz endormi
Booz s’était couché de fatigue accablé ; Il avait tout le jour travaillé dans son aire ; Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ; Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. Ce vieillard possédait des champs de blés et d’orge ; Il était, quoique riche, à … Lire la suite
C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux
C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux. Nous sommes revenus de tous ces grands mots creux : – Progrès, fraternité, mission de la France, Droits de l’homme, raison, liberté, tolérance. – Socrate est fou ; lisez Lélut qui le confond ; Christ, fort socialiste et démagogue au … Lire la suite
C’est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde
C’est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde. L’ombre immense élargit ses ailes sur le monde. Dans vos joyeux palais gardés par le canon, Dans vos lits de velours, de damas, de linon, Sous vos chauds couvre-pieds de martres zibelines, Sous le nuage blanc des molles mousselines, Derrière … Lire la suite
C’était la première soirée
C’était la première soirée Du mois d’avril. Je m’en souviens, mon adorée. T’en souvient-il ? Nous errions dans la ville immense, Tous deux, sans bruit, A l’heure où le repos commence Avec la nuit ! Heure calme, charmante, austère, Où le soir naît ! Dans cet ineffable mystère Tout rayonnait, … Lire la suite
Canaris
Lorsqu’un vaisseau vaincu dérive en pleine mer ; Que ses voiles carrées Pendent le long des mâts, par les boulets de fer Largement déchirées ; Qu’on n’y voit que des morts tombés de toutes parts, Ancres, agrès, voilures, Grands mâts rompus, traînant leurs cordages épars Comme des chevelures ; Que … Lire la suite
Ce qu’on entend sur la montagne
Ô altitudo ! Avez-vous quelquefois, calme et silencieux, Monté sur la montagne, en présence des cieux ? Était-ce aux bords du Sund ? aux côtes de Bretagne ? Aviez-vous l’océan au pied de la montagne ? Et là, penché sur l’onde et sur l’immensité, Calme et silencieux, avez-vous écouté ? … Lire la suite
Ce que c’est que la mort
Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ; On tâche d’oublier le bas, la fin, … Lire la suite