A l’heure, où les bois d’aubépines, De combe en combe au loin neigeant, Apparaîtront dans les ravines Comme un léger brouillard d’argent, Nous irons dans la forêt brune, Dans l’ombre, écouter les récits, Que fait aux bois le clair de lune, Ce bleuâtre amant des taillis : Contes païens, récits … Lire la suite
Archives de la catégorie: LORRAIN Jean
D’après un Jacquemain
C’était un grand bois calme aux troncs baignés d’azur. Une tête d’angoisse aux yeux d’illuminée Flambants et bleus, pensive et de pleurs ravinée, S’y dressait, fleur de songe, au fond du clair-obscur. Tête de sainte errante ou de suppliciée … Une énorme couronne au bois piquant et dur, La couronne … Lire la suite
Dea Silens
« Sois charmante et tais-toi. » (Beaudelaire) C’est une Dame étrange et sombre en bronze vert, Dans sa lividité comme décomposée, Et gardant sur le socle, où sa tète est posée, L’effroi d’un grand oeil blême, aveugle et large ouvert. Parmi les bouquets blancs, encor lourds de rosée, Elle vit, noire idole, … Lire la suite
Devant un cranach
Sous un grand chaperon de peluche écarlate, Un clair escoffion brodé de perles rondes Enserre un front de vierge aux courtes mèches blondes, Une vierge à la fois féroce et délicate. Des chaînons ciselés, des colliers, vieux ors mats Bossués de saphirs et de gemmes sanglantes, Étreignent un cou mince … Lire la suite
Devant un Frantz Halls
Dans un corps baleiné, renflé comme un ciboire, Tout de satins crémeux et d’opaques velours, C’est une dame étrange aux traits heurtés et courts, D’une laideur fantasque et rare de grimoire. En sa jupe espagnole à la fois blanche et noire Elle a l’air de sourire aux baroques amours Et … Lire la suite
Fête galante
Ah ! si fines de taille, et si souples, si lentes Dans leur étroit peignoir enrubanné de feu, Les yeux couleur de lune et surtout l’air si peu Convaincu du réel de ces fêtes galantes ! Ah ! le charmant sourire ailleurs, inattentif De ces belles d’antan, lasses d’être adorées … Lire la suite
Galatée
Le front ceint de fucus et de corail amer, Parmi la floraison des glauques madrépores, Galatée apparaît sous les voûtes sonores De la grotte, qu’emplit le rire de la Mer. Des coquilles de nacre et des algues charnues Se meuvent lentement autour d’elle, et l’azur De ses grands yeux contemple … Lire la suite
Jardin d’hiver
À Alphonse Daudet. Ma vie, où des vols de colombes Neigeaient autrefois dans l’azur, Est un jardin rempli de tombes Avec des hiboux sur son mur. Les mornes oiseaux d’heure en heure S’éveillent au fond des cyprès, Et chacun d’eux ulule et pleure Sur mes vaeux devenus regrets. Leur cri … Lire la suite