Ma pensée est couleur de lumières lointaines, Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs. Elle a l’éclat parfois des subtiles verdeurs D’un golfe où le soleil abaisse ses antennes. En un jardin sonore, au soupir des fontaines, Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs ; Ma … Lire la suite
Archives de la catégorie: NELLIGAN Emile
Clavier d’antan
Clavier vibrant de remembrance, J’évoque un peu des jours anciens, Et l’Eden d’or de mon enfance Se dresse avec les printemps siens, Souriant de vierge espérance Et de rêves musiciens… Vous êtes morte tristement, Ma muse des choses dorées, Et c’est de vous qu’est mon tourment ; Et c’est pour … Lire la suite
Coeurs blasés
Leurs yeux se sont éteints dans la dernière Nuit ; Ils ont voulu la vie, ils ont cherché le Rêve Pour leurs coeurs blasphémants d’où l’espoir toujours fuit. Ils n’ont jamais trouvé la vraie et bonne sève. En vain ont-ils tué l’âme dans la débauche, Il reste encore, effroi ! … Lire la suite
Communion pascale
Douceur, douceur mystique ! ô la douceur qui pleut ! Est-ce que dans nos coeurs est tombé le ciel bleu ? Tout le ciel, ce dimanche, à la messe de Pâques, Dissipant le brouillard des tristesses opaques ; Plein d’Archanges, porteurs triomphaux d’encensoirs, Porteurs d’urnes de paix, porteurs d’urnes d’espoirs … Lire la suite
Dans l’allée
Toi-même, éblouissant comme un soleil ancien Les Regrets des solitudes roses, Contemple le dégât du Parc magicien Où s’effeuillent, au pas du Soir musicien, Des morts de camélias, de roses. Revisitons le Faune à la flûte fragile Près des bassins au vaste soupir, Et le banc où, le soir, comme … Lire la suite
Devant deux portraits de ma mère
Ma mère, que je l’aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu’elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille Comme un éblouissant miroir vénitien ! Ma mère que voici n’est plus du tout la même ; Les rides ont creusé le beau … Lire la suite
Devant mon berceau
Avec l’obsession d’un sanglot étouffant, Combien ma souvenance eut d’amertume en elle, Lorsque, remémorant la douceur maternelle, Hier j’étais courbé sur ma couche d’enfant, En la grand’chambre ancienne aux rideaux de guipure, Où la moire est flétrie et le brocart fané, Parmi le mobilier de deuil où je suis né … Lire la suite
Diptyque
En une très vieille chapelle Je sais un diptyque flamand Où Jésus, près de sa maman, Creuse le sable avec sa pelle. Non peint par Rubens ou Memling, Mais digne de leurs galeries ; La Vierge, en blanches draperies, Au rouet blanc file son lin. La pelle verdelette peinte Scintille … Lire la suite