A Jean Cocteau. Afin de me couvrir de fourrure et de moire Sans de ses larges yeux renverser l’encre noire Tel un sylphe au plafond, tel sur la neige un ski Jean sauta sur la table auprès de Nijinsky. C’était dans un salon purpurin de Larue Dont l’or, d’un goût douteux, jamais ne se voila. [...]
Archive for the 'PROUST Marcel' Category
279 vues 252 vuesAlbert Cuyp I
Cuyp, soleil déclinant dissous, dans l’air limpide Qu’un vol de ramiers gris trouble comme de l’eau, Moiteur d’or, nimbe au front d’un boeuf ou d’un bouleau, Encens bleu des beaux jours fumant sur le coteau, Ou marais de clarté stagnant dans le ciel vide. Des cavaliers sont prêts, plume rose au chapeau, Paume au côté [...]
Antoine Watteau
Crépuscule grimant les arbres et les faces, Avec son manteau bleu, sous son masque incertain ; Poussière de baisers autour des bouches lasses… Le vague devient tendre, et le tout près, lointain. La mascarade, autre lointain mélancolique, Fait le geste d’aimer plus faux, triste et charmant. Caprice de poète – ou prudence d’amant, L’amour ayant [...]
Anton Van Dyck
Douce fierté des coeurs, grâce noble des choses, Qui brillent dans les yeux, les velours et les bois ; Beau langage élevé du maintien et des poses Héréditaire orgueil des femmes et des rois ! Tu triomphes, Van Dyck, prince des gestes calmes, Dans tous les êtres beaux qui vont bientôt mourir, Dans toute belle [...]
Dordrecht
Ton ciel toujours un peu bleu Le matin souvent un peu pleut Dordrecht endroit si beau Tombeau De mes illusions chéries Quand j’essaye à dessiner Tes canaux, tes toits, ton clocher Je me sens comme aimer Des patries Mais le soleil et les cloches Ont bien vite resséché Pour la grand-messe et les brioches Ton [...]
Je contemple souvent le ciel de ma mémoire
Le temps efface tout comme effacent les vagues Les travaux des enfants sur le sable aplani Nous oublierons ces mots si précis et si vagues Derrière qui chacun nous sentions l’infini. Le temps efface tout il n’éteint pas les yeux Qu’ils soient d’opale ou d’étoile ou d’eau claire Beaux comme dans le ciel ou chez [...]
Petit pastiche de Mme de Noailles
Mon coeur sage, fuyez l’odeur des térébinthes, Voici que le matin frise comme un jet d’eau. L’air est un écran d’or où des ailes sont peintes ; Pourquoi partiriez-vous pour Nice ou pour Yeddo ? Quel besoin avez-vous de la luisante Asie Des monts de verre bleu qu’Hokusaï dessinait Quand vous sentez si fort la [...]

