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Archive for the 'ROLLINAT Maurice' Category

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A l’assemblée

Parmi châtaigniers et genêts Où s’émouchaient, sans pouvoir paître, Des montures sous le harnais, Ronflait l’humble fête champêtre. Les crincrins et les cornemuses, La ripaille, un soleil de feu, Allumaient tout un monde bleu A faces longues et camuses. Et, tandis que ce flot humain – L’enfance comme la vieillesse – Battait les airs de [...]

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A l’aube

Brûlé par l’énorme lumière Irradiant du ciel caillé, – Stupéfait, recroquevillé, Hâlé, sali par la poussière, Le pauvre paysage mort Se ranime à l’heure nocturne, Et puis, murmurant taciturne, Extasié, rêve et s’endort. La bonne ombre le rafraîchit ; Et toute propre resurgit Sa mélancolique peinture. Avec l’aurore se levant, La rosée, au souffle du [...]

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A l’inaccessible

Argile toujours vierge, inburinable airain, Magicien masqué plus tyran que la femme, Art ! Terrible envoûteur qui martyrise l’âme, Railleur mystérieux de l’esprit pèlerin ! Il n’est pas de poète insoumis à ton frein Et tous ceux dont la gloire ici-bas te proclame Savent que ton autel épuisera leur flamme Et qu’ils récolteront ton mépris [...]

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De la même à la même

Le souvenir d’un rêve à chaque instant m’arrive Comme un remords subtil à la fois âcre et cher, Et pour me soulager il faut que je t’écrive Le redoutable aveu qui fait frémir ma chair : Sur les bords d’un lac pur où se baignaient des Anges, Dans un paradis vert plein d’arbres qui chantaient [...]

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Deux bons vieux coqs

Le cabaret qui n’est pas neuf Est bondé des plus vieux ivrognes Dont rouge brique sont les trognes Entre les grands murs sang de boeuf. L’un d’entre eux, chenu comme un oeuf, D’une main sur la table cogne, Et, son verre dans l’autre, il grogne :  » Aussi vrai que j’suis d’Châteauneuf ! J’reste un [...]

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En battant le beurre

Dans sa grande jatte de grès, L’Angélique, la belle veuve, Avec sa crème toute neuve Fabrique un peu de beurre frais. Ses doigts et sa batte à loisir Fouettent, pressent, foulent, tripotent, Tournent, roulent, piquent, tapotent La crème lente à s’épaissir. Enfin, déjà compacts, les grumeaux s’agglomèrent Et prennent par degrés leur coloris d’or blond [...]

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Extase du soir

Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge Horizontalement tremblent aux arbrisseaux. La lumière et le vent vernissent les ruisseaux. Et du sol, çà et là, la violette émerge. Comme le ciel sans tache, incendiant d’azur Les grands lointains des bois et des hauteurs farouches, La rivière, au frisson de ses [...]

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Fin d’hiver

Par ce temps si bénin, après tant de froidure, Dans les grands terrains gris, sur les coteaux chenus, On a l’impression parmi ces arbres nus D’un très beau jour d’été sans fleurs et sans verdure. Les pieds ne glissent plus sur la terre moins dure Où les feux du soleil, presque tous revenus, Allument cailloux, [...]