Ô laissez-vous aimer !… ce n’est pas un retour, Ce n’est pas un aveu que mon ardeur réclame ; Ce n’est pas de verser mon âme dans votre âme, Ni de vous enivrer des langueurs de l’amour ; Ce n’est pas d’enlacer en mes bras le contour De ces bras, de ce sein ; d’embraser [...]
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278 vues 266 vuesA Ronsard
pour un ami qui publiait une édition de ce poète A toi, Ronsard, à toi, qu’un sort injurieux Depuis deux siècles livre aux mépris de l’histoire, J’élève de mes mains l’autel expiatoire Qui te purifiera d’un arrêt odieux. Non que j’espère encore, au trône radieux D’où jadis tu régnais, replacer ta mémoire ; Tu ne [...]
Chacun en sa beauté…
Chacun en sa beauté vante ce qui le touche, L’amant voit des attraits où n’en voit point l’époux ; Mais que d’autres, narguant les sarcasmes jaloux, Vantent un poil follet au-dessus d’une bouche ; D’autres, sur des seins blancs un point comme une mouche ; D’autres, des cils bien noirs à des yeux bleus bien [...]
Dans ce cabriolet de place
Dans ce cabriolet de place j’examine L’homme qui me conduit, qui n’est plus que machine Hideux, à barbe épaisse, à longs cheveux collés : Vice et vin et sommeil chargent ses yeux soulés. Comment l’homme peut-il ainsi tomber ? pensais-je, Et je me reculais à l’autre coin du siège. – Mais Toi, qui vois si [...]
Enfant, je m’étais dit…
Enfant, je m’étais dit et souvent répété : » Jamais, jamais d’amour ; c’est assez de la gloire ; En des siècles sans nombre étendons ma mémoire, Et semons ici-bas pour l’immortalité. » Plus tard je me disais : » Amour et volupté, Allez, et gloire aussi ! que m’importe l’histoire ? Fantôme au laurier [...]
Il y faudrait de la musique de gluck
Laissez-moi ! tout a fui. Le printemps recommence ; L’été s’anime, et le désir a lui ; Les sillons et les coeurs agitent leur semence. Laissez-moi ! tout a fui. Laissez-moi ! dans nos champs, les roches solitaires, Les bois épais appellent mon ennui. Je veux, au bord des lacs, méditer leurs mystères, Et comment [...]
J’étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse
J’étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse, Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé, Et même, avant de fuir du bel arbre effeuillé, Il avait tant chanté qu’il se plaignait sans cesse. Mais sa plainte était douce, et telle en sa tristesse Qu’à défaut de témoins et de groupe assemblé, Le buisson attentif [...]
La plaine
Octobre. Après la moisson faite et tous les blés rentrés, Quand depuis plus d’un mois les champs sont labourés, Qu’il gèlera demain, et qu’une fois encore L’Automne, du plus haut des coteaux qu’elle dore, Se retourne en fuyant, le front dans un brouillard, Oh ! que la plaine est triste autour du boulevard ! C’est [...]

