Où allez-vous, Anne ? que je le sache, Et m’enseignez avant que de partir Comme ferai, afin que mon oeil cache Le dur regret du coeur triste et martyr. Je sais comment ; point ne faut m’avertir Vous le prendrez, ce coeur, je le vous livre ; L’emporterez pour le rendre délivre Du deuil qu’aurait [...]
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350 vues 272 vuesA Etienne du temple
Tant est subtil, et de grande efficace Le tien esprit, qu’il n’est homme qui fasse Chose qui plus honneur et los conserve. Et ce qu’as fait, roi, seigneur, serf ne serve Ne le fit onc : je mets Raison en face. Qui veut descendre en la vallée basse, Monté doit être avant en haute place [...]
A madame de Ferrare
Me souvenant de tes bontez divines Suis en douleur, princesse, à ton absence ; Et si languy quant suis en ta presence, Voyant ce lys au milieu des espines. Ô la doulceur des doulceurs femenines, Ô cueur sans fiel, ô race d’excellence, Ô traictement remply de violance, Qui s’endurçist pres des choses benignes. Si seras [...]
A monsieur de Pothon
(pour le prier de parler au roi) Là où savez, sans vous ne puis venir. Vous êtes cil qui pouvez subvenir Facilement à mon cas et affaire, Et des heureux de ce monde me faire, Sans qu’aucun mal vous en puisse advenir. Quand je regarde, et pense à l’avenir, J’ai bon vouloir de sage devenir [...]
A son ami lion
Je ne t’écris de l’amour vaine et folle : Tu vois assez s’elle sert ou affolle ; Je ne t’écris ni d’armes, ni de guerre : Tu vois qui peut bien ou mal y acquerre ; Je ne t’écris de fortune puissante : Tu vois assez s’elle est ferme ou glissante ; Je ne t’écris [...]
A un créancier
Un bien petit de près me venez prendre, Pour vous payer : et si devez entendre Que je n’eus onc Anglais de votre taille. Car à tous coups vous criez : » baille, baille « , Et n’ai de quoi contre vous me défendre. Sur moi ne faut telle rigueur étendre, Car de pécune un peu [...]
A un poète français
Mieux résonnant, qu’à bien louer facile, Est ton renom volant du domicile Palladial vers la terrestre gent : Puis vers les cieux, dont as le titre gent D’aigle moderne , à suivre difficile. Je dis moderne, antique en façons mille : Ce qui près toi me rend bas et humile, D’autant que plomb est plus [...]
A un poète ignorant
Qu’on mène aux champs ce coquardeau, Lequel gâte (quand il compose) Raison, mesure, texte et glose, Soit en ballade ou en rondeau. Il n’a cervelle ne cerveau. C’est pourquoi si haut crier j’ose : » Qu’on mène aux champs ce coquardeau. » S’il veut rien faire de nouveau, Qu’il oeuvre hardiment en prose (J’entends s’il [...]


