À qui plus est un Amant obligé : Ou à Amour, ou vraiment à sa Dame ? Car son service est par eux rédigé Au rang de ceux qui aiment lauds, et fame. À lui il doit le coeur, à elle l’Âme, Qui est autant comme à tous deux la vie ; L’un à l’honneur, [...]
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283 vues 292 vuesA un sot rimeur, qui trop l’importunait d’aimer
Tu te plains que plus ne rimasse, Bien qu’un temps fut que plus aimasse À étendre vers rimassés, Que d’avoir biens sans rime assez : Mais je vois que qui trop rimoye Sus ses vieux jours enfin larmoye. Car qui s’amuse à rimacher À la fin n’a rien à mâcher. Et pource, donc, rime, rimache, [...]
Aucuns ont dit la Théorique
Aucuns ont dit la Théorique Étre devant que la Pratique : Ce que bien nier on pouvait. Car qui fit l’art, jà la savait, Qui est un point qu’un Sophistique Concéderait tout en dormant : Quant à moi je dis, pour réplique, Qu’Amour fut premier, que l’Amant. (Rymes XLVI)
C’est un grand mal se sentir offensé
C’est un grand mal se sentir offensé, Et ne s’oser, ou savoir à qui plaindre : C’est un grand mal, voire trop insensé, Que d’aspirer, où l’on ne peut atteindre : C’est un grand mal que de son coeur contraindre, Outre son gré, et à sujétion : C’est un grand mal qu’ardente affection, Sans espérer [...]
C’est une ardeur d’autant plus violente
C’est une ardeur d’autant plus violente, Qu’elle ne peut par Mort ni temps périr : Car la vertu est d’une action lente, Qui tant plus va, plus vient à se nourrir. Mais bien d’Amour la flamme on voit mourir Aussi soudain qu’on la voit allumée, Pour ce qu’elle est toujours accoutumée, Comme le feu, à [...]
Celle clarté mouvante sans ombrage
Celle clarté mouvante sans ombrage, Qui m’éclaircit en mes ténébreux jours, De sa lueur éblouit l’oeil volage À l’inconstant, pour ne voir mes séjours : Car, me voyant, m’eût consommé toujours Par les erreurs de son errante flèche. Par quoi l’esprit, qui désir chaste cherche, En lieu de mort a eu nouvelle vie, Faillant aux [...]
Combien de fois ai-je en moi souhaité
Combien de fois ai-je en moi souhaité Me rencontrer sur la chaleur d’été Tout au plus près de la claire fontaine, Où mon désir avec cil se promène Qui exerce en sa philosophie Son gent esprit, duquel tant je me fie Que ne craindrais, sans aucune maignie, De me trouver seule en sa compagnie : [...]
Comme le corps ne permet point de voir
Comme le corps ne permet point de voir À son esprit, ni savoir sa puissance : Ainsi l’erreur, qui tant me fait avoir Devant les yeux le bandeau d’ignorance, Ne m’a permis d’avoir la connaissance De celui-là que, pour près le chercher, Les Dieux avaient voulu le m’approcher : Mais si haut bien ne m’a [...]

