Après qu’un temps la grêle et le tonnerre Ont le haut mont de Caucase battu, Le beau jour vient, de lueur revêtu. Quand Phébus a son cerne fait en terre, Et l’Océan il regagne à grand’erre ; Sa soeur se montre avec son chef pointu. Quand quelque temps le Parthe a combattu, Il prend la [...]
Archive for the 'LABÉ Louise' Category
278 vues 276 vuesAu temps qu’Amour, d’hommes et Dieux vainqueur
Au temps qu’Amour, d’hommes et Dieux vainqueur, Faisait brûler de sa flamme mon coeur, En embrasant de sa cruelle rage Mon sang, mes os, mon esprit et courage, Encore lors je n’avais la puissance De lamenter ma peine et ma souffrance ; Encor Phébus, ami des lauriers verts, N’avait permis que je fisse des vers. [...]
Baise m’encor, rebaise-moi et baise
Baise m’encor, rebaise-moi et baise ; Donne m’en un de tes plus savoureux, Donne m’en un de tes plus amoureux : Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise. Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise, En t’en donnant dix autres doucereux. Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux, Jouissons-nous l’un de l’autre [...]
Claire Vénus, qui erres par les Cieux
Claire Vénus, qui erres par les Cieux, Entends ma voix qui en plaints chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira, Son long travail et souci ennuyeux. Mon oeil veillant s’attendrira bien mieux, Et plus de pleurs te voyant jettera. Mieux mon lit mol de larmes baignera, De ses travaux voyant témoins tes [...]
D’un tel vouloir le serf point ne désire
D’un tel vouloir le serf point ne désire La liberté, ou son port le navire, Comme j’attends, hélas, de jour en jour, De toi, Ami, le gracieux retour. Là j’avais mis le but de ma douleur, Qui finirait quand j’aurais ce bonheur De te revoir ; mais de la longue attente, Hélas, en vain mon [...]
Depuis qu’Amour cruel empoisonna
Depuis qu’Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine, Toujours brûlai de sa fureur divine, Qui un seul jour mon coeur n’abandonna. Quelque travail, dont assez me donna, Quelque menace et prochaine ruine, Quelque penser de mort qui tout termine, De rien mon coeur ardent ne s’étonna. Tant plus qu’Amour nous vient fort assaillir, [...]
Deux ou trois fois bienheureux le retour
Deux ou trois fois bienheureux le retour De ce clair Astre, et plus heureux encore Ce que son oeil de regarder honore. Que celle-là recevrait un bon jour, Qu’elle pourrait se vanter d’un bon tour, Qui baiserait le plus beau don de Flore, Le mieux sentant que jamais vit Aurore, Et y ferait sur ses [...]
Diane étant en l’épaisseur d’un bois
Diane étant en l’épaisseur d’un bois, Après avoir mainte bête assénée, Prenait le frais, de Nymphes couronnée. J’allais rêvant, comme fais mainte fois, Sans y penser, quand j’ouïs une voix Qui m’appela, disant : Nymphe étonnée, Que ne t’es-tu vers Diane tournée ? Et, me voyant sans arc et sans carquois : Qu’as-tu trouvé, ô [...]

