Le jour pousse la nuit, Et la nuit sombre Pousse le jour qui luit D’une obscure ombre. L’Autonne suit l’Esté, Et l’aspre rage Des vents n’a point esté Apres l’orage. Mais la fièvre d’amours Qui me tourmente, Demeure en moy tousjours, Et ne s’alente. Ce n’estoit pas moy, Dieu, Qu’il … Lire la suite
Archives de la catégorie: RONSARD Pierre de
À la forêt de Gastine
Couché sous tes ombrages verts, Gastine, je te chante Autant que les Grecs, par leurs vers La forêt d’Érymanthe : Car, malin, celer je ne puis À la race future De combien obligé je suis À ta belle verdure, Toi qui, sous l’abri de tes bois, Ravi d’esprit m’amuses ; … Lire la suite
A lui mesme
Lors que ta mere estoit preste à gesir de toi, Si Jupiter, des Dieus et des hommes le roi, Lui eust juré ces mots : l’enfant dont tu es pleine, Sera tant qu’il vivra sans douleur et sans peine, Et tousjours lui viendront les biens sans y songer, Tu dirois … Lire la suite
A sa lyre
Naguiere chanter je voulois Comme Francus au bord Gaulois Avecq’ sa troupe vint descendre, Mais mon luc pinçé de mon doi, Ne vouloit en dépit de moi Que chanter Amour, et Cassandre. Je pensoi pource que toujours J’avoi dit sur lui mes amours, Que ses cordes par long usage Chantoient … Lire la suite
A son âme
Amelette Ronsardelette, Mignonnelette doucelette, Treschere hostesse de mon corps, Tu descens là bas foiblelette, Pasle, maigrelette, seulette, Dans le froid Royaume des mors : Toutesfois simple, sans relors De meurtre, poison, ou rancune, Méprisant faveurs et tresors Tant enviez par la commune. Passant, j’ay dit, suy ta fortune Ne trouble … Lire la suite
Ah longues nuicts d’hyver de ma vie bourrelles
Ah longues nuicts d’hyver de ma vie bourrelles, Donnez moy patience, et me laissez dormir, Vostre nom seulement, et suer et fremir Me fait par tout le corps, tant vous m’estes cruelles. Le sommeil tant soit peu n’esvente de ses ailes Mes yeux tousjours ouvers, et ne puis affermir Paupiere … Lire la suite
Amour me tue, et si je ne veux dire
Amour me tue, et si je ne veux dire Le plaisant mal que ce m’est de mourir : Tant j’ai grand peur, qu’on veuille secourir Le mal, par qui doucement je soupire. Il est bien vrai, que ma langueur désire Qu’avec le temps je me puisse guérir : Mais je … Lire la suite
Amour, je ne me plains de l’orgueil endurci
Amour, je ne me plains de l’orgueil endurci, Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce, Ni comme, sans recours, languir elle me laisse : Je me plains de sa main et de son godmicy. C’est un gros instrument par le bout étréci, Dont chaste elle corrompt toute nuit sa … Lire la suite