Au moins toi, claire et heureuse fontaine, Et vous, ô eaux fraîches et argentines, Quand celle en vous – de tout vice lointaine – Se vient laver ses deux mains ivoirines, Ses deux soleils, ses lèvres corallines, De Dieu créées pour ce monde honorer, Devriez garder pour plus vous décorer L’image d’elle en vos liqueurs [...]
Archive for the 'SCÈVE Maurice' Category
213 vues 262 vuesDizains
I Dans son jardin Vénus se reposait Avec Amour, sa douce nourriture, Lequel je vis, lorsqu’il se déduisait, Et l’aperçus semblable à ma figure Car il était de très basse stature, Moi très petit ; lui pâle, moi transi. Puisque pareils nous sommes donc ainsi Pourquoi ne suis second dieu d’amitié ? Las ! je [...]
En devisant un soir me dit ma Dame
En devisant un soir me dit ma Dame : Prends cette pomme en sa tendresse dure, Qui éteindra ton amoureuse flamme, Vu que tel fruit est de froide nature : Adonc aura congrue nourriture L’ardeur qui tant d’humeur te fait pleuvoir. Mais toi, lui dis-je, ainsi que je puis voir, Tu es si froide et [...]
En tel suspens ou de non ou d’oui
En tel suspens ou de non ou d’oui, Je veux soudain et plus soudain je n’ose. L’un me rend triste, et l’autre réjoui Dépendant tout de liberté enclose. Mais si je vois n’y pouvoir autre chose, Je recourrai à mon aveugle juge. Réfrénez donc, mes yeux, votre déluge : Car ce mien feu, malgré vous, [...]
En toi je vis, où que tu sois absente
En toi je vis, où que tu sois absente : En moi je meurs, où que soye présent. Tant loin sois-tu, toujours tu es présente : Pour près que soye, encore suis-je absent. Et si nature outragée se sent De me voir vivre en toi trop plus qu’en moi : Le haut pouvoir qui, oeuvrant [...]
Epitaphe de Pernette de Guillet
L’heureuse cendre autrefois composée En un corps chaste, où vertu reposa, Est en ce lieu, par les Grâces posée, Parmi ses os, que beauté composa. Ô terre indigne ! en toi son repos a Le riche étui de cette âme gentille, En tout savoir sur toute autre subtile, Tant que les cieux, par leur trop [...]
L’oisiveté des délicates plumes
L’oisiveté des délicates plumes, Lit coutumier, non point de mon repos, Mais du travail, où mon feu tu allumes, Souventes fois, oultre heure, et sans propos Entre ses draps me retient indispos, Tant elle m’a pour son faible ennemi. Là mon esprit son corps laisse endormi Tout transformé en image de Mort, Pour te montrer, [...]
Le jour passé de ta douce présence
Le jour passé de ta douce présence Fut un serein en hiver ténébreux, Qui fait prouver la nuit de ton absence A l’oeil de l’âme être un temps plus ombreux, Que n’est au Corps ce mien vivre encombreux, Qui maintenant me fait de soi refus. Car dès le point, que partie tu fus, Comme le [...]

