Ce n’est pas le trépas, c’est un très doux sommeil Qui bannit peu à peu l’éclair de ma paupière, Adieu ; je vais jouir d’une douce lumière, Attendant que ce corps s’anime de réveil. Ami, ne pleure plus, ton amour non pareil Recevra sa couronne au bout de la carrière : Ainsi passait ma belle, [...]
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263 vues 319 vuesJe chante et pleure, et veux faire et défaire
Je chante et pleure, et veux faire et défaire, J’ose et je crains, et je fuis et je suis, J’heurte et je cède, et j’ombrage et je luis, J’arrête et cours, je suis pour et contraire, je veille et dors, et suis grand et vulgaire, Je brûle et gèle, et je puis et ne puis, [...]
Je m’embarque joyeux, et ma voile pompeuse
Je m’embarque joyeux, et ma voile pompeuse M’ôte déjà la terre et me donne les mers, Je ne vois que le ciel uni aux sillons pers : C’est le premier état de mon âme amoureuse. Puis je vois s’élever une vapeur confuse, Ombrageant tout le ciel qui se fend en éclairs, Le tonnerre grondant s’anime [...]
Le baiser en l’Amour est l’octave en Musique
Le baiser en l’Amour est l’octave en Musique, Vous en avez prins un, et vous en voulez deux ; Pourquoy enervez-vous les accords amoureux, C’est pecher, disiez-vous, contre la Theorique. Non je ne baise point qu’en pure Arithmetique, Respondis-je soudain, deux baisers savoureux Font nombre, l’unité est un rien mal heureux Payez moi, vous devez [...]
Muzain
Tu es le rien, fortune : et si es toute chose, Rien, parce que de rien toutes choses se font, Tout, parce que dans toi les choses se défont ; Bref, tu es tout et rien, et leur métamorphose : Mais ce n’est pas par toi que j’aime ces beaux yeux, Qui me vont tempêtant [...]
Ô Dieu qui vois ceste rouë execrable
Ô Dieu qui vois ceste rouë execrable, Horrible object de ton juste courroux, Qui vois mon corps rompu de tant de coups, Chasse de moi ton ire espouvantable. Mes os brisez sous la barre effroyable, Ma chair mollie et tous mes nerfs dissous, Mes bras pendans et mes tristes genous Auront-ils point leur Seigneur secourable [...]
Ores que je suis mort, je vai, je viens, je vire
Ores que je suis mort, je vai, je viens, je vire, Et quand j’estoi vivant j’arrestoi aux desers, Je peuploi les rochers, or’ je peuple les mers, Je portoi fruict sans vie, ores mon fruict respire. Le Ciel me tempestoit, or l’onde me martire, Ma mere m’assit droict, et mon pere à l’envers, Je fuis [...]
Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants
Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants Par le rare portrait de ses grâces divines, Frise de chrysoliths ses tempes ivoirines, Fais de corail sa lèvre, et de perle ses dents ; Fais ses yeux de cristal, y plaçant au dedans Un cercle de saphirs et d’émeraudes fines, Puis musse dans ces ronds les embûches [...]

