Une Grenouille vit un Boeuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf, Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille, Pour égaler l’animal en grosseur, Disant : « Regardez bien, ma soeur ; Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ? … Lire la suite
Archives de la catégorie: XVIIème
La Jeune Veuve
La perte d’un époux ne va point sans soupirs. On fait beaucoup de bruit, et puis on se console. Sur les ailes du Temps la tristesse s’envole ; Le Temps ramène les plaisirs. Entre la Veuve d’une année Et la veuve d’une journée La différence est grande : on ne … Lire la suite
La Laitière et le Pot au lait
Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait Bien posé sur un coussinet, Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue elle allait à grands pas ; Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple, et souliers plats. Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà … Lire la suite
La Lice et sa Compagne
Une Lice étant sur son terme, Et ne sachant ou mettre un fardeau si pressant, Fait si bien qu’à la fin sa Compagne consent De lui prêter sa hutte, où la Lice s’enferme. Au bout de quelque temps sa Compagne revient. La Lice lui demande encore une quinzaine ; Ses … Lire la suite
La Montagne qui accouche
Une Montagne en mal d’enfant Jetait une clameur si haute, Que chacun au bruit accourant Crut qu’elle accoucherait, sans faute, D’une Cité plus grosse que Paris : Elle accoucha d’une Souris. Quand je songe à cette Fable Dont le récit est menteur Et le sens est véritable, Je me figure … Lire la suite
La Mort et le Bûcheron
Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel … Lire la suite
La Mort et le Malheureux
Un Malheureux appelait tous les jours La mort à son secours. O mort, lui disait-il, que tu me sembles belle ! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. La Mort crut, en venant, l’obliger en effet. Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre. Que vois-je! cria-t-il, ôtez-moi … Lire la suite
La Mort et le Mourant
La Mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt à partir, S’étant su lui-même avertir Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage. Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps : Qu’on le partage en jours, en heures, en moments, Il n’en est point … Lire la suite