A M. l’abbé Le Vayer

D’où vient, cher Le Vayer, que l’homme le moins sage Croit toujours seul avoir la sagesse en partage, Et qu’il n’est point de fou, qui, par belles raisons, Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ? Un pédant enivré de sa vaine science, Tout hérissé de grec, tout bouffi d’arrogance, Et … Continue reading

A M. le marquis de Dangeau

La noblesse, Dangeau, n’est pas une chimère, Quand, sous l’étroite loi d’une vertu sévère, Un homme issu d’un sang fécond en demi-dieux, Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux. ais je ne puis souffrir qu’un fat, dont la mollesse N’a rien pour s’appuyer qu’une vaine noblesse, Se pare … Continue reading

A M. Racine

Que tu sais bien, Racine, à l’aide d’un acteur, Emouvoir, étonner, ravir un spectateur ! Jamais Iphigénie en Aulide immolée N’a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée, Que dans l’heureux spectacle à nos yeux étalé En a fait sous son nom verser la Champmeslé. Ne crois pas toutefois, … Continue reading

À mon jardinier

Laborieux valet du plus commode maître Qui pour te rendre heureux ici-bas pouvait naître, Antoine, gouverneur de mon jardin d’Auteuil, Qui diriges chez moi l’if et le chèvrefeuil, Et sur mes espaliers, industrieux génie, Sais si bien exercer l’art de La Quintinie ; Ô ! que de mon esprit triste … Continue reading

Air

Voici les lieux charmants où mon âme ravie Passait à contempler Silvie Les tranquilles moments si doucement perdus. Que je l’aimais alors ! Que je la trouvais belle ! Mon coeur, vous soupirez au nom de l’Infidèle : Avez-vous oublié que vous ne l’aimez plus ? C’est ici que souvent, … Continue reading

Chant premier

(extrait) Je chante les combats, et ce prélat terrible Qui par ses longs travaux et sa force invincible, Dans une illustre église exerçant son grand coeur, Fit placer à la fin un lutrin dans le choeur. C’est en vain que le chantre, abusant d’un faux titre, Deux fois l’en fit … Continue reading

Chant second

Cependant cet oiseau qui prône les merveilles, Ce monstre composé de bouches et d’oreilles, Qui, sans cesse volant de climats en climats, Dit partout ce qu’il sait et ce qu’il ne sait pas ; La Renommée enfin, cette prompte courrière, Va d’un mortel effroi glacer la perruquière ; Lui dit … Continue reading