Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh [...]
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354 vues 414 vuesA ma soeur Cécile
Cache-les dans ton coeur, toi dont le coeur pardonne, Ces bouquets imprudents qui fleurissaient en moi ; C’est toute une âme en fleur qui s’exhale vers toi ; Aux autres, je l’entr’ouvre : à toi, je te la donne.
A Rouen, rue Ancrière
Je n’ai vu qu’un regard de cette belle morte A travers le volet qui touche à votre porte, Ma soeur, et sur la vitre où passa ce regard, Ce fut l’adieu d’un ange obtenu par hasard. Et dans la rue encore on dirait, quand je passe, Que l’adieu reparaît à la claire surface. Mais il [...]
Allez en paix
Allez en paix, mon cher tourment, Vous m’avez assez alarmée, Assez émue, assez charmée… Allez au loin, mon cher tourment, Hélas ! mon invisible aimant ! Votre nom seul suffira bien Pour me retenir asservie ; Il est alentour de ma vie Roulé comme un ardent lien : Ce nom vous remplacera bien. Ah ! [...]
Ame et jeunesse
Puisque de l’enfance envolée Le rêve blanc, Comme l’oiseau dans la vallée, Fuit d’un élan ; Puisque mon auteur adorable Me fait errer Sur la terre où rien n’est durable Que d’espérer ; A moi jeunesse, abeille blonde Aux ailes d’or ! Prenez une âme, et par le monde, Prenons l’essor ; Avançons, l’une emportant [...]
Amour, divin rôdeur
Amour, divin rôdeur, glissant entre les âmes, Sans te voir de mes yeux, je reconnais tes flammes. Inquiets des lueurs qui brûlent dans les airs, Tous les regards errants sont pleins de tes éclairs… C’est lui ! Sauve qui peut ! Voici venir les larmes !… Ce n’est pas tout d’aimer, l’amour porte des armes. [...]
Au livre de Léopardi
Il est de longs soupirs qui traversent les âges Pour apprendre l’amour aux âmes les plus sages. Ô sages ! De si loin que ces soupirs viendront, Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront. Et s’il vous faut garder parmi vos solitudes Le calme qui préside aux sévères études, Ne risquez pas vos yeux sur [...]
Aux trois aimés
De vous gronder je n’ai plus le courage, Enfants ! ma voix s’enferme trop souvent. Vous grandissez, impatients d’orage ; Votre aile s’ouvre, émue au moindre vent. Affermissez votre raison qui chante ; Veillez sur vous comme a fait mon amour ; On peut gronder sans être bien méchante : Embrassez-moi, grondez à votre tour. [...]

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