Imitation d’un poète écossais. Oui, je me plais, Clarisse, à la saison tardive, Image de cet âge où le temps m’a conduit ; Du vent à tes foyers j’aime la voix plaintive Durant la longue nuit. Philomèle a cherché des climats plus propices ; Progné fuit à son tour : sans en être attristé, Des [...]
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330 vues 302 vuesInvocation
Je voudrais célébrer dans des vers ingénus Les plantes, leurs amours, leurs penchants inconnus, L’humble mousse attachée aux voûtes des fontaines, L’herbe qui d’un tapis couvre les vertes plaines, Sur ces monts exaltés le cèdre précieux Qui parfume les airs, et s’approche des cieux Pour offrir son encens au Dieu de la nature, Le roseau [...]
La forêt
Forêt silencieuse, aimable solitude, Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré ! Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude ! Prestiges de mon coeur ! je crois voir s’exhaler Des arbres, des gazons une douce tristesse : Cette onde que j’entends murmure avec mollesse, Et dans le fond des bois [...]
La mer
Des vastes mers tableau philosophique, Tu plais au coeur de chagrins agité : Quand de ton sein par les vents tourmenté, Quand des écueils et des grèves antiques Sortent des bruits, des voix mélancoliques, L’âme attendrie en ses rêves se perd, Et, s’égarant de penser en penser, Comme les flots de murmure en murmure, Elle [...]
Le départ
Paris, 1827. Compagnons, détachez des voûtes du portique Ces dons du voyageur, ce vêtement antique, Que j’avais consacrés aux dieux hospitaliers. Pour affermir mes pas dans la course prochaine, Remettez dans ma main le vieil appui de chêne Qui reposait à mes foyers. Où vais-je aller mourir ? Dans les bois des Florides ? Aux [...]
Le Printemps, l’Eté et l’Hiver
Vallée au nord, onduleuse prairie, Déserts charmants, mon coeur, formé pour vous, Toujours vous cherche en sa mélancolie. A ton aspect, solitude chérie, Je ne sais quoi de profond et de doux Vient s’emparer de mon âme attendrie. Si l’on savait le calme qu’un ruisseau En tous mes sens porte avec son murmure, Ce calme [...]
Le soir au bord de la mer
Les bois épais, les sirtes mornes, nues, Mêlent leurs bords dans les ombres chenues. En scintillant dans le zénith d’azur, On voit percer l’étoile solitaire : A l’occident, séparé de la terre, L’écueil blanchit sous un horizon pur, Tandis qu’au nord, sur les mers cristallines, Flotte la nue en vapeurs purpurines. D’un carmin vif les [...]
Le soir, dans une vallée
Déjà le soir de sa vapeur bleuâtre Enveloppait les champs silencieux ; Par le nuage étaient voilés les cieux : Je m’avançais vers la pierre grisâtre. Du haut d’un mont une onde rugissant S’élançait : sous de larges sycomores, Dans ce désert d’un calme menaçant, Roulaient des flots agités et sonores. Le noir torrent, redoublant [...]

