Abel, doux confident de mes jeunes mystères, Vois, mai nous a rendu nos courses solitaires. Viens à l’ombre écouter mes nouvelles amours ; Viens. Tout aime au printemps, et moi j’aime toujours. Tant que du sombre hiver dura le froid empire, Tu sais si l’aquilon s’unit avec ma lyre. Ma Muse aux durs glaçons ne [...]
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301 vues 270 vuesA Charlotte Corday
Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes, Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes Consacrent leur Marat parmi les immortels, Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile, Des fanges du Parnasse un impudent reptile Vomit un hymne infâme au pied de ses autels ; La vérité se tait ! Dans [...]
A compter nos brebis je remplace ma mère
A compter nos brebis je remplace ma mère ; Dans nos riches enclos j’accompagne mon père ; J’y travaille avec lui. C’est moi de qui la main, Au retour de l’été, fait résonner l’airain Pour arrêter bientôt d’une ruche troublée Avec ses jeunes rois la jeunesse envolée. Une ruche nouvelle à ces peuples nouveaux Est [...]
A de Pange
De Pange, le mortel dont l’âme est innocente, Dont la vie est paisible et de crimes exempte, N’a pas besoin du fer qui veille autour des rois, Des flèches dont le Scythe a rempli son carquois, Ni du plomb que l’airain vomit avec la flamme. Incapable de nuire, il ne voit dans son âme Nulle [...]
A de Pange aîné
De Pange, ami chéri, jeune homme heureux et sage, Parle, de ce matin dis-moi quel est l’ouvrage ? Du vertueux bonheur montres-tu les chemins A ce frère naissant dont j’ai vu que tes mains Aiment à cultiver la charmante espérance ? Ou bien vas-tu cherchant dans l’ombre et le silence, Seul, quel encens le Gange [...]
A Fanny (I)
Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des pièges perfides. Non, à tromper des coeurs délicats et timides Tous ne mettent point leurs plaisirs. Toujours la feinte mensongère Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs, Une insidieuse prière. Non, avec votre image, artifice et détour, Fanny, n’habitent point [...]
A Fanny (II)
Mai de moins de roses, l’automne De moins de pampres se couronne, Moins d’épis flottent en moissons, Que sur mes lèvres, sur ma lyre, Fanny, tes regards, ton sourire, Ne font éclore de chansons. Les secrets pensers de mon âme Sortent en paroles de flamme, A ton nom doucement émus : Ainsi la nacre industrieuse [...]
A Fanny (III)
Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respire Sait, à te voir parler et rougir et sourire, De quels hôtes divins le ciel est habité. La grâce, la candeur, la naïve innocence Ont, depuis ton enfance, De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté. Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse, Elles [...]

