Non, non, je m’en dédis …

Non, non, je m’en dédis, je suis tien, ma maîtresse,
Je suis tien, je le suis et le serai toujours.
Jusqu’à ce que la mort aura borné mes jours,
Et même après la mort, si l’amour ne nous laisse.

J’ai mille fois juré, fâché de ta rudesse,
De couper le chemin à mes longues amours :
Mais toujours mon désir ressort tout au rebours,
Et tant que je te fuis, tant plus l’amour m’oppresse.

Ô serments d’amoureux ! Ô que vous êtes vains !
Et vous petits courroux et vous petits dédains
Vous semblez aux soufflets dont un feu se rallume,

Ayant sa flamme éteint: car ainsi peu à peu
Vous tuez d’un soufflet la flamme à notre feu,
Afin que dans nos coeurs plus ardent il s’allume.

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