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Translat d’un sonnet ytalien

Nyer ne puis, Roy François, nullement,
Que je ne sente encores quelque flamme
D’amour au cueur qui peu à peu l’entame
Pour le submectre à elle entierement.

Mays estant plain d’un desir seullement,
C’est de vous suyvre et du corps et de l’ame,
Je luy resiste et faiz en sorte que ame
N’a sur mon cueur entier commandement.

Ce neantmoins les travaulx anciens
Craindre me font que fortune nuysante
Ne me remecte aux amoureux lyens.

Se elle le fait, soit du moins l’amour telle,
Que de servir au monde je me vente
Le Roy plus grant et la dame plus belle.

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Balade

Un lit de rivière
Bordé d’aulnes
Traverse la vallée

A la sortie d’un sous-bois,
Des roches centenaires
Créent des gradins fragiles

Un amphithéâtre éclot des origines,
Où grandit cet indéfectible lien
Entre l’Homme et la nature…

Naji OKBA

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Les Morts…

Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves

Et les pleurs mêlés
Des mille douleurs
Vont au même fleuve.
Serrés les uns contre les autres
Les morts sans haine et sans drapeau,
Cheveux plaqués de sang caillé,
Les morts sont tous d’un seul côté.

Dans l’argile unique où s’allie sans fin
Au monde qui meurt celui qui commence
Les morts fraternels tempe contre tempe
Expient aujourd’hui la même défaite.

Heurtez-vous, ô fils divisés !
Et déchirez l’Humanité
En vains lambeaux de territoires,
Les morts sont tous d’un seul côté.

Car sous la terre il n’y a plus
Qu’une patrie et qu’un espoir
Comme il n’y a pour l’Univers
Qu’un combat et qu’une victoire.

René Arcos

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Perpetuum immobile

Dormir
Infiniment
Pour de toi rêver
Infiniment

***

J’ai cœur blessé J’ai grande peine
Car bel oiseau est envolé
Elle a laissé nid désolé
Est-il encore nuit sereine

Tout s’est figé même le vent
Les ans lointains sont vif hier
Demain est un glacier désert
Que devant voir sinon avant

Je frissonnais d’attente ému
Quand j’en allais vers l’hirondelle
J’attends la nuit Printemps n’est plus
Je suis déchu de son nid d’ailes

La source coule dans mes veines
Combien l’attendre est plainte vaine.

O mon amour ma tendre feuille
Mon bruissement d’aube levée
En ma mémoire gis lové
Qu’autre dormir si doux ne veuille.

Jim

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Interprétation…

Le vert et vermeil de tes yeux
En un regard pécheur et pieux…

Au peu du bleu de la mer
Et du rouge des cieux en guerres
J’ajoute un baiser sur chaque paupière
Pour que se dépeigne de tes pupilles l’amer

Et tes sourcils un peu altiers
Epousent une douleur muette
Qu’est envers Dieu ton éternelle dette
De rendre tes deux moitiés !

Et cette expression d’enfant opprimé
Que tu n’arrives plus à mimer…

anonyme

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Qu’est-ce que le spasme de vivre?

Plonger dans mon esprit
Je perçois les douleurs de la vie
Le désarrois de mes cris
Ne semble recevoir de bruit
J’attends
Un signe de la vie
Mes tout ce que j’entends
C’est l’éco
L’éco de ma solitude
Qui me frappe les tympans
Le silence est si puissant
Bien plus que le bruit
Il perce les oreilles de celui qui l’écoute
Un bruit ce fait entendre
Puis un autre
Me voila!
Revenu dans ce cirque qu’est la vie.

anonyme

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Nuage

Chaînes de pluies au parfum de lilas

Vie embrumée qu’est la mienne, là bas

Vagues d’espoirs qui ne mouillent plus personne

Feux éphémères, dans la cour se questionnent

Danse assoiffée de pervenches et de perles

Puisse admirer le silence du ciel

Guerres incessantes qui provoquent la faiblesse

Faiblesse impuissante qui provoque malheur et détresse

Nuage opaque, n’as-tu donc pas d’orgueil?

Laisse les mourir, et viens faire ton deuil

Laisse un peu le soleil briller

Arrête de pleurer pour ses hommes sans pitié

anonyme

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Treizain

Par l’ample mer, loin des ports et arènes
S’en vont nageant les lascives sirènes
En déployant leurs chevelures blondes,
Et de leurs voix plaisantes et sereines,
Les plus hauts mâts et plus basses carènes
Font arrêter aux plus mobiles ondes,
Et souvent perdre en tempêtes profondes ;
Ainsi la vie, à nous si délectable,
Comme sirène affectée et muable,
En ses douceurs nous enveloppe et plonge,
Tant que la Mort rompe aviron et câble,
Et puis de nous ne reste qu’une fable,
Un moins que vent, ombre, fumée et songe.