L’amour n’est qu’une répétitive guerre parmi les autres,
Aussi destructeur qu’innovateur, que créateur d’apôtres!
Je me suis trompé d’endroit, de place, de lieu.
J’ai tout confondu, même l’enfer avec Dieu.
Perdu dans une vallée, je marche, encore noirci
Par une sombre relation encore plus décevante.
Depuis des mois je tente de gravir cette pente,
sans soleil pour réchauffer mon corps et mon esprit.
Dans mon cœur un froid d’hiver veut m’arrêter.
Saleté de sentier qui ne me dit rien de bon,
Mais Je m’y suis trop enfoncé pour reculer,
Il faut que je continue, avec ou sans horizon,
Il doit bien y avoir une sortie dans ce labyrinthe,
Quitte à ce que je me perde, à ce que je m’esquinte,
J’espère et je crois vivement au bonheur prochain!
Soudain voilà un rêve inexorable qui me tend la main!
D’une incroyable force elle me sort de ce bourbier,
Elle me donne envie d’avancer, de nouveau espérer;
Elle nourrit mon cœur d’espoir, mon esprit de jardins,
Qui seraient bientôt prêt à accueillir des jours certains.
Douce bible de mon existence,
Je prêcherai ta bonne parole,
Partout où je toucherai le sol.
Je vis au-delà de la concupiscence!
Bel apôtre, mais pourquoi martèles-tu ta foi?
Pourquoi me parles-tu d’un nécessaire choix?
Ta chair entremêlée de « ça » pourrit sans cesse!
Arrête d’aimer cette puanteur qui nous blesse!
Qu’ais-je fait pour que tu m’abandonnes?
Toi mon dieu qui m’a tant fait espérer,
Mais qui ne m’a si peu donné,
Il faudrait que je te pardonne?
Les trois jours de résurrection sont passées,
Et pourtant je ne vois toujours pas de bien aimée,
Elle n’était pas le Messie,
Mais un vulgaire prophète,
Fausse Amour, je te maudit!
Il faut que tout ceci s’arrête!
Misérable illusion d’une vie heureuse!
Quelle scandale que cette peine in fortuite,
Que de se savoir piéger sans possible fuite!
Devant cette existence, cette querelleuse
Nous fait tout pour regretter amèrement
Le doux parfum de nos jardins d’antan.
En nous faisant sentir une énième utopie
Nacré d’innocence et de vive illusion,
Elle nous force à combattre seul ce démon,
Celui-là même qui t’a pervertie sous ces nuits!
Et quel scandale, quel malheur de savoir
Que je serais indéfiniment dans le noir!
Noir de l’incompréhension, noir de la souffrance!
Noir d’observer que les joies puissent devenir rance!
Mais cette croisade dont tu es la croix,
Doit être la mienne, je n’ai pas le choix!
Douceur damnée, prépare-toi au combat!
Car sous cette nuit étoilée tu seras ma proie!
Et j’attaquerais sur cette plaine :
Cette forteresse fut bâtie de mes mains;
Mais, corrompus par les tiennes,
elle deviendra une simple lueur au matin,
Ainsi qu’un mur pour tes lamentations.
Le scénario est écrit, prépare toi à l’action!
Mon cœur ressourcé d’espérance divine
Attend l ‘assaut : sous peu, sur cette colline,
Des milliers de soldats jailliront de mes veines,
D’autres millions assailliront ton domaine.
Cette bataille ne se terminera non sans peine.
Déjà noirci pour je ne sais quelle raison,
Je brûlerai ton corps un peu plus chaque fois,
Encore et toujours, avec hargne et compassion,
Comme tu l’as été pour moi : tu mérites bien ça.
Mais à force de batailler, par et pour l’amour,
Le mien d’un seul éclat soudain devient sourd.
Ivre de n’avoir qu’une éphémère reconnaissance,
Il se força à continuer, toujours dans la renaissance.
Mais dans des clones de plus en plus mal faits,
Il se vit, désabusé, intervertir bons et méfaits!
Sans force, ni fougue, ni vigueur, il déclare forfait :
La cause est bien trop banale pour de tels effets!
Jessy MICOUT