Que me fuis-tu ? Mille Nymphes me cherchent

Que me fuis-tu ? Mille Nymphes me cherchent
Les Muses m’ont apporté leurs presens,
J’ay de Venus les verds myrtes plaisans,
J’ay de Phebus les lauriers qui ne sechent.

Cruelle, au moins si tels biens ne t’allechent,
Si mon amour, si mes soucis pesans,
Pren, pren pitié de ces miens jeunes ans,
Qui comme l’herbe au soleil se dessechent.

Mais que me vaut tant estre de dueil plein ?
Si mon erreur ne prophetise en vain,
Si d’Apollon sont les fureurs certeines,

Un jour viendra qu’apres mon mal passé
Sur ton giron doucement renversé,
Tes doux baisers me pairont de mes peines.

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